Archives de catégorie : Humeur

La pelote de la vie

La vie est une pelote qui se déroule. Parfois elle file tout droit, souvent elle se dévide en oscillant. Un écart à droite, un autre à gauche comme si le vent des hasards la poussait, assaisonnant le quotidien. Les yeux piquent parfois, trop de poivre. De temps à autre, le fil s’embrouille. Le destin est un chaton joueur. Des nœuds il y en a forcément en plusieurs décennies de vie. Qui se serrent, qui lâchent, qui cassent. Et la pelote, toujours, poursuit sa course.

 

Image par W P de Pixabay

Les bruits des souvenirs

Je suis allongée dans mon lit de jeune femme. Les yeux fermés. Tant de choses passent par ma tête. Je connais chaque bosse du matelas, chaque couture de l’édredon. Je n’ai qu’à lever la main, avec un angle dont j’ignore les degrés mais qui s’ajuste précisément, pour atteindre l’interrupteur.

J’entends le coq qui lance sa triple note chevrotante comme s’il s’étouffait. Et qui recommence pourtant trois fois de suite. Je sais que le jour commence tout juste à poindre même si derrière mes paupières closes, derrière les volets fermés, il serait bien difficile de le deviner.

Un long chuintement au loin qui signale le passage du train par vent d’est, quelques grondements de moteurs dans la rue devant, le claquement sec du placard dans la chambre de mes parents derrière la cloison, le craquement de la charpente, les ronflements de ma mère, le gargouillis du chauffe-eau dans la salle de bain, des pas étouffés sur le parquet…

J’ouvre les yeux. Le soleil filtre à travers les lattes du volet. Mes souvenirs me mordent les sens. Les autres lits sont vides. Personne d’autre que moi ne va se lever. Il n’y a plus que des fantômes dans cette maison.

Après mon père, ma mère. Mes parents sont partis pour toujours.

Humeur d’automne

L’automne donne le cafard. Entrée dans l’hiver, changement d’heure, premiers rhumes, soirées sombres, humidité, feuilles mortes, on se sentait mieux quelques semaines plus tôt (et ce n’est pas l’élection de Trump qui nous réconforte). Pourtant, l’automne a de bons côtés. Retour des soupes, des pulls en laine douce, des champignons, des châtaignes à griller dans la cheminée, et des feux de cheminée (même sans châtaignes) qui crépitent (je n’ai pas de cheminée, dommage !), des soirées sous le plaid, du pot-au-feu et autres plats roboratifs, des courges et des clémentines (miam !), des promenades dans le bruissement des pas sur les feuilles mortes. Et grain de raisin sur la tarte aux pommes, il n’y a qu’à lever les yeux pour les emplir de couleurs chatoyantes. L’automne, ce n’est pas si mal finalement.

Image par Gerd Altmann de Pixabay

En mai reste abrité

Un temps pourri, de la pluie, de la pluie, encore de la pluie, ce début de mois de mai n’en a pas été un. Même les nappes phréatiques, qui pendaient la langue l’été dernier, demandent grâce. Les premiers jours d’avril, en revanche, coup de chaud, il fallut se découvrir et pas que d’un fil.

Le dérèglement climatique met à mal bien des choses, catastrophiques comme la fonte des glaciers ou bien anodines tels les dictons anciens.  Du dérisoire seul nous pouvons nous amuser, alors je me lance pour une révision 2024 du bien connu En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plait :

Début avril, tongs et short tu enfiles avant que mai ne vienne te remettre le ciré.

Et maintenant que le soleil est revenu, pas pour longtemps mais au mieux de sa forme : Courant mai, chapeau  et verres teintés tu peux tenter.

Des suggestions de votre côté ?

Image Pixabay

 

le ciel est bleu

Le ciel est bleu, regarde ! a répondu Pauline à mon Bonjour ! Comment vas-tu ?
Pauline est une collègue, la cinquantaine bien entamée, malmenée entre ses enfants pas encore autonomes, son père, veuf et dépendant, et son boulot qui ne la ménage guère.
Depuis quelques mois, elle travaille à temps partiel, turbine pour réaliser ses missions professionnelles sur 4 jours au lieu de 5, et consacre tous ses vendredis à son père qui vit à 90 kms de chez elle.
Elle n’a pas souvent le moral quand elle revient au bureau le lundi. Mais c’est du beau temps dont elle parle, Pauline,  qui préfère se saisir de tous les bonheurs passant à portée.
Image : Pixabay

Les soeurs Poubelle

Ce matin, en petit-déjeunant dans ma cuisine, j’observe la sororie Poubelle. Elles ont chacune leur caractère.

La plus constante est Verre, une vraie force tranquille qui ne paie pas de mine.

La petite dernière Déchets Organiques est déjà goulue. Comme dans bien des famille il a fallu pousser les murs pour l’accueillir mais elle a rapidement trouvé sa place. Je dois l’avouer, elle est ma préférée.

Déchets Ménagers, qui la laisse allègrement lui piquer sa pitance a considérablement minci. Elle flotte dans son manteau qu’il va falloir retailler sans tarder. Elle est ainsi Déchets Ménagers, toujours prête à se serrer la ceinture. Il y a trois ans déjà, elle a décidé de se mettre au régime sec et de laisser cette folle de Recyclable s’en mettre plein la panse.

Elle m’inquiète celle-là. Je perçois sa souffrance et ses efforts à tenter de cacher sa boulimie derrière un sourire enjôleur. Je ne sais pas encore où elle va vomir en cachette mais, franchement, il va falloir s’attaquer au problème. Ca ne peut pas durer !

Mon petit déjeuner est terminé, à ce soir les Poubelle !

Image : Pixabay